Fonctionnement de l’assistance à l’arbitrage vidéo au football

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Instaurer l’Assistance à l’Arbitrage Vidéo en football ; c’est un défi que s’est donné l’actuel sociétaire de la Fédération internationale de football association (FIFA), Gianni Infantino. Si cette révolution n’est pas du goût de tous les amateurs du ballon rond, elle devrait quand même être effective à la prochaine coupe du monde. La rédaction vous propose alors aujourd’hui de découvrir avec elle tout sur ce nouveau système dans le monde du football.

C’est quoi le VAR ?

Video Assistant Referee (VAR, en abrégé), est un système mis en place pour assister l’arbitre central, histoire d’éviter au maximum les erreurs d’arbitrage. Il s’agit en fait d’une équipe de trois personnes qui travaillent ensemble pour revoir certaines décisions prises par l’arbitre principal en regardant les vidéos des incidents probables. Cette équipe est composée de l’arbitre assistant vidéo lui-même (qui doit être un arbitre de formation), de son assistant et d’un opérateur de rediffusion. Ils sont situés dans une salle d’opération vidéo qui est essentiellement une banque de moniteurs offrant divers angles de caméra.

Il a été utilisé pour la première fois en Angleterre en novembre 2017 lorsque les Three Lions affrontaient la Manchaft en amical, puis a fait ses débuts en compétition le 8 janvier 2018 alors que Brighton & Hove Albion affrontait Crystal Palace en FA Cup.

Quand peut-on avoir recours au VAR ?

Vous vous demandez certainement quand l’arbitre central peut choisir de faire recours à l’assistance vidéo. Très simple ! Sachez que le processus d’assistance vidéo ne peut-être enclenché que lorsque l’une des situations ci-après se produisent :

  • La première est le recours à l’assistance vidéo après un but. Le juge central peut choisir de faire recours à la vidéo pour vérifier si la réalisation est bien valable, qu’elle n’est entachée d’aucune infraction. Il peut s’agir d’un hors-jeu non repéré ou signalé à tort par l’assistant, d’une faute non sanctionnée ou d’un ballon sorti des limites du terrain par exemple.
  • Le deuxième cas où l’appel à la vidéo est possible est celui du pénalty. En cas d’incertitude quant à la véracité d’une faute, l’arbitre est susceptible d’y avoir recours.
  • Enfin l’arbitre à la possibilité de demander l’aide de ses assistants vidéo pour vérifier si un joueur mérite d’être exclut ou non. Et au cas où l’arbitre serait aussi douteux quant à l’identité d’un joueur qu’il faut sanctionner, le recours à la vidéo peut lui être utile.

La vidéo a-t-elle été utilisée lors du coup de boule de Zidane sur Materazzi ?

Zinedine Zidane a-t-il été le premier joueur de l’histoire du football à subir l’un des plus délicats moments de la vidéo ? C’est la question que se posent nombre de personnes. L’on se souvient de cette finale de coupe du monde au cours de laquelle le numéro 10 français de l’époque fût expulsé par Horacio Helizondo, après son coup de boule sur la poitrine du défenseur italien Marcos Materazzi.

« Quand Materazzi est tombé, j’étais à l’autre bout du terrain. Je n’ai rien vu de l’action, parce que dans le même temps, le jeu se poursuivait de l’autre côté du terrain » a avoué le juge central de l’époque. Mais comment est-il arrivé à expulser Zidane ? D’après les explications de monsieur Horacio, c’est la voix de du quatrième assistant à travers son casque qui lui signalait l’incident à travers ces mots : « Horacio, Horacio, je l’ai vu ! Un coup de tête vraiment violent de Zidane sur Materazzi, en pleine poitrine ! ». Le quatrième arbitre, Luis Medina Cantalejo a-t-il, lui, fait recours à des images vidéo comme le dit la rumeur ? Nul n’a oublié la tôlée qu’avait provoquée cette situation dans le temps. Mais ce qui taraude, c’est que la vidéo n’était pas à ce moment-là dans les règles du jeu. Ensuite, un tel système n’est pas annoncé au préalable, c’est-à-dire avant le match. Avait-il alors vu la scène de ses propres yeux ? C’est du moins ce qu’a confirmé une investigation menée par la FIFA quelques jours après la finale. Cela suffira-t-il pour calmer les rumeurs ? C’est un point d’interrogation.

Des championnats ont-ils déjà adopté le VAR ?

L’Assistance à l’Arbitrage vidéo, si vous vous le demandez, est déjà effective dans quelques championnats, en Europe notamment. Après la A-League australienne qui a été le premier championnat à l’adopter, beaucoup d’autres championnats ont emboîté le pas. On fait essentiellement allusion à la Série A Italienne et à la Bundesliga allemande qui ont toutes deux adopté le système depuis le début de la saison en cours. En Liga espagnole par contre, il n’a pu être instauré, et pour cause, les procédures d’adoption quasi protocolaires ont ralenti les différents acteurs qui ne ménageront quand même aucun effort pour que ceci soit une réalité dès la saison 2018-2019. La Première League anglaise de son côté ne semble pas du tout prête et demande jusqu’à deux ans pour véritablement expérimenter le système. Par ailleurs, les championnats portugais et néerlandais font usage eux aussi du VAR depuis le début de l’exercice actuel. Au Brésil, le coût d’adoption (4 millions d’euros) représente un handicap et les procédures d’adoption sont au ralenti.

Tous les signaux semblent néanmoins être au vert pour que l’arbitrage vidéo soit définitivement instauré dans le football comme c’est déjà le cas dans d’autres disciplines sportives comme le rugby à XIII et à XV, le football américain et canadien, le baseball ainsi que le hockey sur glace et sur gazon. Il faut aussi signaler que l’escrime, le squash, le tennis et le judo bénéficient déjà eux aussi de l’arbitrage vidéo en ce qui concerne les sports individuels.

Que pensent les nombreux amateurs du football de cette «révolution»

Loin d’éliminer le débat entourant les décisions d’arbitrage, le nouveau système a entraîné plus de discussions et de controverses que ce que l’on pourrait imaginer.

Les avantages

Pour ceux qui se réclament être « providéo », finis les polémiques, finis les erreurs d’arbitrage avec l’arrivée de cette technologie et place à l’équité et à la justice. Pour eux, les innombrables critiques qui pleuvent sur le corps arbitral tendraient donc à disparaitre avec la vidéo, au même titre que les tricheries de certains joueurs. On pense ici aux simulations et aux antijeux qui pervertissent ce sport.

Les inconvénients

Par ailleurs, les «anti-vidéo» de leur côté mettent l’accent sur la dénaturalisation du jeu. Avec l’arrivée du VAR, le football perd en spontanéité et les émotions se voient bouleversées. Un argument difficilement réfutable vu les nombreuses situations enregistrées jusque là. De Griezmann avec la France en amical face à l’Allemagne, à Falcao tout récemment en coupe de la ligue, les cas sont légions. Marquer et célébrer avant de voir le but être annulé par le juge central donne un goût amer. Et même si les décisions en elles mêmes ne sont pas contestables, c’est l’aspect naturel du jeu qui est largement remis en question. Il faut, certes, vouloir être juste mais il ne faut point nuire au déroulement normal du jeu.

Dans l’ensemble, il y a donc eu de bons et de mauvais moments pour le VAR et il est certain qu’il continuera à être un sujet de discussion au cours des prochaines années. Entre « pro » et « détecteurs », à qui donnera-t-on raison ? Russie 2018 nous édifiera. Gianni Infantino est donc averti. Oui, il s’agit d’un défi de taille : ajouter la vidéo sans nuire à la fluidité.

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