Dopage dans le cyclisme : Est-ce inévitable ?

0
705

Le cyclisme prend de plus en plus de place dans le monde du sport et draine de nombreux coureurs de tous les pays. Aujourd’hui, de diverses compétitions s’organisent un peu partout, dont le célèbre Tour de France. Celui-ci se déroule chaque année sur plus de 3500 km, en à peine 20 jours de courses. Parcourir près de 37 km par heure reste un défi réalisable pour les meilleurs, un challenge hors d’atteinte des débutants, et une performance qui suscite une éternelle interrogation : le dopage dans le cyclisme. Quand vous savez ce qu’endurent les sportifs dans les montées, les poumons desséchés, les jambes brûlantes, le corps courbé sur le guidon, avec un minuscule espoir de s’accrocher au peloton de tête, vous vous poserez sans doute la même question. Aujourd’hui encore, ce phénomène apparait comme une évidence et une obligation pour rester compétitif. Mais est-ce vraiment inévitable désormais ?

Que devez-vous savoir sur le dopage ?

En gros, le dopage ne concerne pas que le cyclisme. Dans le football, la boxe, le basketball, l’athlétisme et les autres disciplines, les sportifs s’y réfèrent pour différents buts.

Qu’est-ce réellement le dopage ?

Le dopage représente l’ensemble des méthodes et des procédés qui visent à améliorer les performances et la résistance à l’endurance d’un individu par l’usage illicite de médicaments ou de tout autre produit.

Souvent utilisé par les sportifs de toutes disciplines confondues, il s’aperçoit comme un fortifiant qui permet d’atteindre ses objectifs, aussi dures que soient les épreuves. Alors que certains le considèrent comme un acte moralement abject, pour d’autres, c’est le moyen idéal d’assouvir sa soif de victoire et de gloire, peu importe le prix. Les sportifs se réfèrent au dopage dans le cyclisme pour gagner des titres, obtenir de meilleurs résultats et battre tous les records possibles. Aujourd’hui, ce phénomène a atteint tant d’athlètes qu’il apparait presque comme une pratique normale et indispensable. Pour mieux l’apprécier donc, vous devez connaitre ses différents effets et les réelles motivations de ses utilisateurs.

Les types de dopage adoptés aujourd’hui

Gavel, pilules colorées, seringue, haltères. Message de dopage, menottes, pilules, seringue, haltères sur fond en bois. Médecine illégale dans l'activité sportive. Banque d'images - 82113251

Avec l’avancée de la médecine, les méthodes et les types de dopage ont pris de diverses formes et des aspects variés. En fonction, des effets recherchés et des compétences à améliorer, vous trouverez des médicaments spécifiques avec des modes d’application précis. Pour les cyclistes, voici les différentes sortes de dopages souvent adoptés pour accroitre la résistance à l’effort et augmenter ses capacités :

  • Les stéroïdes anabolisants : encore appelés stéroïdes androgéniques anabolisants (SAA), ils rassemblent les hormones stéroïdiennes qui suscitent la production massive de la testostérone chez l’homme. Les athlètes l’utilisent pour obtenir plus de masse musculaire en peu de temps en complément des exercices quotidiens ;
  • Les stimulants : ils concernent les substances qui permettent d’accroitre l’activité du système nerveux afin d’améliorer des fonctions spécifiques de l’organisme. Présents dans la caféine ou la nicotine, ils aident notamment les cyclistes à diminuer la sensation de fatigue et à faciliter les entrainements intensifs ;
  • Les narcotiques : c’est une substance chimique dérivée de l’opium (ou proche de ses composants) qui crée chez l’homme un état proche du sommeil. Ceci favorise l’engourdissement et réduit considérablement la sensation de la douleur. Consommés par les cycliques, ils les rendent plus endurants et insensibles à la fatigue musculaire ;
  • Les bêtabloquants : ils représentent les médicaments utilisés en cardiologie pour annihiler l’action de l’adrénaline dans le corps. Chez les cyclistes, cela permet de réguler le rythme cardiaque et de calmer les pulsions ;
  • Les diurétiques : c’est une substance qui augmente la sécrétion urinaire et aide à traiter l’hypertension artérielle ou l’insuffisance cardiaque. En cyclisme, elle sert à camoufler les produits illégaux lors des dépistages antidopage, et à perdre plus facilement du poids ;
  • Les hormones : c’est l’ensemble des substances chimiques synthétisées par une cellule glandulaire et qui agissent sur les récepteurs spécifiques d’un organe. Chez les cyclistes, elles permettent entre autres de simplifier le transport de l’oxygène vers les muscles, d’augmenter la masse musculaire et d’améliorer les performances physiques.

Les différentes méthodes de dopage

Jeune homme au concept de dopage isolé sur blanc Banque d'images - 88936681

Selon les effets attendus et le type de dopage adopté, la méthode d’application peut varier. Même si cela reste illégal dans presque toutes les disciplines sportives, le dopage peut s’effectuer de trois principales manières à savoir :

  • La prise de médicaments par voie orale : moins efficace que les autres méthodes, elle s’emploie pour un dopage à petite échelle, pour une légère amélioration des compétences en cyclisme ;
  • Le cathétérisme : il consiste à introduire un tuyau souple dans une veine afin d’injecter directement les produits dopants ;
  • Le dopage sanguin : cette méthode reste la seule qui apporte plus de globules rouges. Elle permet d’accroitre l’oxygénation et l’endurance des sportifs.

Malgré l’extrémisme de ces moyens, les cyclistes et autres athlètes n’hésitent pas à y recourir pour atteindre leurs objectifs. Pour eux, cela parait normal et même inévitable : mais est-ce vraiment le cas ?

Les principaux effets du dopage sur les cyclistes

Le Groupe de cyclistes rouler en montée pendant la course cycliste internationale Banque d'images - 30502857

En général, les résultats garantis par le dopage dépendent des moyens employés et des buts. Une chose reste sûre, les effets produits ne manqueraient pas d’impressionner tous les sportifs. Pour un besoin à court terme, le dopage entraine des effets moindres, mais il permet d’améliorer pendant un certain temps les compétences de l’athlète. Par contre, pour une pratique à long terme, les résultats demeurent hallucinants. Le dopage dans ce cas produit des effets durables et efficaces. Dans la plupart des cas, les cyclistes optent pour celui-ci. Entre autres, voici les résultats garantis par le dopage surtout dans le milieu du cyclisme :

  • La circulation rapide et fluide de l’oxygène dans le sang ;
  • Une musculation plus facile et plus impressionnante lors des entrainements ;
  • La réduction de la sensation de fatigue et de douleur ;
  • L’amélioration de la concentration.

Les différents objectifs du dopage

Les effets produits par le dopage dépendent des objectifs à atteindre et des méthodes adoptées.

Pour mieux comprendre le phénomène et les motivations des cyclistes qui s’y adonnent, nous vous présentons quelques buts parmi les plus évidents :

  • Réduire la sensation de fatigue : pendant des compétitions, lorsque vous devez escalader plusieurs pentes en une étape, vos membres commenceront progressivement à vous lâcher si vous ne disposez pas d’une bonne endurance. De même, au cours des entrainements intensifs, vous subirez des périodes de surcharge musculaire. C’est justement pour compenser ces phases que le dopage apporte des solutions. À l’aide des produits pharmaceutiques (les antalgiques comme la cocaïne et le paracétamol, les analeptiques cardio-respiratoires comme la trinitrine, le micorène et la coramine, et les stimulants comme la nicotine, l’arsenic, l’éther, etc.), vous pourrez donc vous rendre plus résistant et insensible à la douleur ;
  • Modifier la morphologie : ici, le dopage permet de résoudre certains déficits du corps pour mieux faire face à certaines épreuves. Dans certaines disciplines comme le cyclisme, une bonne musculature et un corps endurant demeurent indispensables. Avec l’administration de cures ou la prise de certains médicaments, vous pourrez par exemple accélérer le développement de vos muscles, augmenter plus rapidement votre taille ou perdre du poids en peu de temps. Dans ces cas, l’usage de diurétiques associé aux anorexigènes reste le plus adopté ;
  • Lutter contre le stress : pour réussir dans le cyclisme, vous devez avoir une bonne maitrise de soi, une parfaite concentration et une gestion parfaite de votre organisme. Or, le stress apparait comme un phénomène qui peut facilement altérer vos performances. Pour y remédier, la prise de cannabinoïdes ou d’alcool en faible quantité demeure des solutions idéales ;
  • La maitrise du rythme veille-sommeil : lorsque vous devez participer à une grande compétition comme le Tour de France par exemple, un maintien d’état de veille sur une longue durée reste incontournable. Or, le manque de sommeil peut causer des troubles pendant les courses. Les cyclistes se réfèrent donc la plupart du temps à la mélatonine qui permet de normaliser les rythmes circadiens.

Le dopage : entre efficacité et obligation

Trophée de championnat et médicaments illégaux. Chaînes sur des bouteilles de pilules et seringue. Concept de scandale de dopage. Banque d'images - 93086076

Cela demeure désormais une évidence : le dopage apporte d’excellents résultats aux sportifs en peu de temps. Cependant, même si tous les athlètes ne s’y réfèrent pas encore, de nombreux cyclistes se voient dans l’obligation de se doper pour rester compétitifs.

Dans le premier cas, vous devez savoir désormais que le dopage permet aux sportifs d’accroitre rapidement leurs performances et d’atteindre des objectifs jusque-là hors de portée. Les effets d’apparence positive qu’il produit séduisent encore de nouveaux cyclistes qui finissent par y prendre goût. Puisque l’objectif de la compétition consiste à s’améliorer chaque jour, pourquoi donc ne pas s’aider de médicaments ? … surtout si cela permet de gagner des trophées et de battre des records. En bref, avec le dopage, c’est l’efficacité en peu de temps. Surtout en cyclisme, voir ses capacités s’accroitre et obtenir plus de récompenses augmente la confiance en soi.

Malgré tous ces avantages garantis par le dopage, tous les athlètes ne l’ont pas encore adopté. Mais cela semble être une question de temps. Quand, sur une montée, vous regardez vos adversaires vous distancer sans peine, vous comprenez très vite que vous avez des progrès à faire. De même, lorsque le cyclisme apparait comme votre seule et vraie passion, et que vous souhaitez mener une carrière réussie, vous ne pouvez pas vous permettre de rester à la traine. Alors, pour demeurer compétitifs, se doper se révèle comme la meilleure solution. Cela devient encore plus évident dès que vous remarquez que tout le monde se dope autour de vous en toute impunité : en gros, pour survivre dans la même compétition qu’eux, vous ne pouvez pas ne pas vous doper. C’est presque une obligation qui s’impose à vous.

La position des textes de loi

Même si le dopage apparait comme une solution efficace et le gage de la réussite dans le cyclisme, il demeure une pratique illégale. Les différentes fédérations sportives ne manquent d’ailleurs pas de chercher les moyens de le vaincre.

Seringue avec des flacons de verre et les médicaments pilules rapport de test de drogue Banque d'images - 33454615

Les règles établies

Lorsqu’un sportif prend des substances dans le but d’améliorer ses performances, il rend la compétition déloyale et pénalise les autres. Sans fausse modestie, le dopage reste une pratique illégale et est considéré ni plus ni moins comme de la tricherie. C’est donc à juste titre que les différentes fédérations et associations sportives interdissent le dopage sous toutes ses formes afin de placer tous les participants à une compétition sur le même pied d’égalité. En France par exemple, le dopage est puni par des dispositions législatives avec la loi n° 2008-650 du 3 juillet 2008. Elle vise notamment trois objectifs à savoir :

  • Éviter l’utilisation de substances et procédés pour accroitre artificiellement les performances ;
  • Maintenir l’éthique du sport et envoyer une bonne image de la discipline ;
  • Protéger et préserver l’intégrité physique des sportifs à tous les niveaux.

D’après les règles établies, l’usage des produits suivants sont proscrits : les stimulants, les narcotiques, les agents anabolisants, les manipulations pharmacologiques, chimiques et physiques.

Les mesures de lutte contre le dopage

Outre l’application des diverses lois antidopage en vigueur dans les différentes fédérations sportives, certaines dispositions permettent aussi de lutter contre la prise de produits dopants. Entre autres, des contrôles inopinés s’opèrent dans toutes les disciplines pour détecter tous les cas de dopage. Pour plus d’efficacité, les responsables à divers niveaux ont également mis en place des sanctions pour décourager tous les cas relevés. Celles-ci peuvent aboutir à des disqualifications lors des compétitions ou même à une radiation définitive de toute activité sportive. Comme autres punitions, nous avons par exemple en France :

  • Un emprisonnement de 6 mois et une amende de 7500 € pour tout obstacle au contrôle ou toute violation des interdictions ;
  • Un an d’emprisonnement et 3750 € d’amende pour toute détention ou tout usage de substances interdites.

Les risques du dopage pour la santé

Dopage stéroïde sport drogue santé closeup gagner seringue abus beaucoup de sport liquide concept - image image Banque d'images - 73188617

Malgré toutes les lois mises en place, certains cyclistes ne peuvent s’empêcher de se doper pour atteindre des objectifs. Outre son immoralité et sa qualité déloyale, le dopage présente aussi de grands dangers pour la santé des sportifs. Retenez que la prise de produits dopants ou de toute autre substance en vue d’améliorer les performances possède de graves conséquences sur l’organisme. Voici quelques pathologies fréquentes en cas de dopage :

  • Des accidents cardiaques et circulatoires ;
  • Des insuffisances rénales et hépatiques ;
  • Des cancers ;
  • Une impuissance rénale ;
  • La stérilité et les problèmes de fertilité ;
  • Des troubles pendant la grossesse ;
  • Des troubles psychologiques et du comportement ;
  • Etc.

Les effets nocifs des produits dopants sur la santé dépendent aussi de différents critères à savoir : la nature de la substance prise, la durée de sa consommation, la méthode de dopage et l’état de santé général de l’individu. En recourant au dopage pour obtenir de meilleurs rendements, vous affichez des performances qui ne viennent pas de vous-mêmes : vous restez alors en contradiction avec vous-même. Ceci peut aussi causer une rupture de liens avec votre entourage et l’installation dans un isolement social réel. Peu importe le bien que vous procurera le dopage, demandez-vous donc si cela en vaut vraiment la peine.

… Que retenir : le dopage dans le cyclisme n’est pas inévitable

Femme main écrit Stop Doping avec un marqueur noir sur l'écran visuel. Isolé sur le ciel ensoleillé. Concept d'entreprise. Photo Banque d'images - 72077497

Le dopage offre aujourd’hui aux athlètes et surtout aux cyclistes en particulier des effets en apparence positifs qui leur permettent d’améliorer leurs performances. Dans les milieux où le contrôle antidopage n’est pas systématique, cela devient une habitude et une obligation de se doper. Pour certains même, il est inévitable de se doper pour rester compétitif et atteindre ses objectifs. Mais vous devez savoir désormais que les conséquences qui découlent de cette pratique dépassent toutes vos attentes. Outre les lourdes sanctions prévues par les lois des fédérations, vous exposez votre santé et votre intégrité physique à des séquelles. Pour plus de justice et de transparence, le dopage représente donc un mal à éradiquer, un phénomène à éviter. En définitive, le dopage dans le cyclisme n’est pas inévitable.

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here